Réflexion sur la dignité
Nous vous avons sélectionné pour vous quelques extraits de l'ouvrage C’est un autre qui nouera ta ceinture de Marie-Thérèse Dressayre.
Editions Salvator, octobre 2016.
"Divertissement… oui, je relis aussi, dans mes meilleurs moments, mes chers vieux classiques. Mais ce n’est pas toujours réconfortant : “toute la dignité de l’homme consiste en la pensée”. Somme toute, les contemporains Descartes et Pascal ne sont pas si loin l’un de l’autre : “Je pense, donc je suis.” J’ai déjà retourné cela beaucoup dans ma tête, mais j’y reviens, car c’est, pour moi un tel dilemme! et plus qu’un dilemme, un abîme ! Où est donc la dignité de celui dont la pensée est malade ? Les tenants de l’euthanasie y répondent de facto ; il faut se donner la mort - ou se la faire donner, ce qui n’est guère courageux - avant d’avoir perdu sa “dignité” ! Et qui peut dire quand s’éteint une “pensée” ? Quand les mots viennent à manquer ? Qu’est-ce qui permet d’affirmer cela ? L’état comateux lui-même cache une vie intérieure dont on ne pouvait pas se faire une idée au XVIIème siècle."
"Dépouillement, extrême pauvreté : le langage populaire a une expression atroce : “un légume” ! Quel mépris ! Qui, ici, révèle son indignité ?"
"Long entretien avec la neurologue et la directrice. Beaucoup d’humanité et de délicatesse pour me préparer à l’inéluctable ; elles-mêmes m’avaient convoquée, une fois encore, et naturellement, j’avais bien compris le sens de cette rencontre. Comment dire ? Prête, je le suis depuis bien longtemps dans ma tête. Voilà des années que je vois la mort à l’œuvre, avec une cruauté et une opiniâtreté de bourreau ; mais, est-on jamais prêt dans son cœur ?"
(Source : Marie-Thérèse DRESSAYRE - C'est un autre qui nouera ta ceinture - Editions Salvator - Octobre 2016)
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