Quelle différence entre sédation terminale et euthanasie ?

La sédation se distingue essentiellement de l’euthanasie au triple niveau de l’intention, du processus mis en œuvre et du résultat escompté.

Intentionnalité. – Dans la sédation, le médecin prescrit des sédatifs avec la seule intention de soulager le patient présentant des symptômes déterminés. Au contraire, l’objectif de l’acte d’euthanasie est de provoquer délibérément la mort du patient pour le libérer de ses souffrances

Processus. – Dans la sédation, il doit exister une indication claire, c’est-à-dire la présence d’un symptôme de tel ou tel type. Par ailleurs, les produits et les doses utilisés sont régulièrement ajustés en fonction de la réponse du patient face à la souffrance induite par le symptôme, ce qui implique une évaluation continue eu égard tant à l’indication qu’au traitement. Ce processus doit être enregistré dans le dossier clinique du patient. Au contraire, dans le cadre de l’euthanasie, il s’agit d’utiliser des produits et des doses qui garantissent une mort rapide.

Résultat. – Dans la sédation, le paramètre de réponse (succès) est le soulagement de la souffrance, qui se mesure à l’aune d’une procédure d’évaluation. Au contraire, dans l’euthanasie, le paramètre de réponse (succès) est la mort.

En définitive, la sédation terminale apparaît comme un indicateur d’une mort imminente et non comme la cause d’une mort prématurée. La responsabilité morale de l’équipe soignante s’attache au processus de prise de décision pour soulager la souffrance, et non au résultat des interventions en termes de vie ou de mort. Autrement dit, euthanasie et sédation terminale s’achèvent certes l’une et l’autre dans la mort du patient, mais le processus de décision (en ce compris l’intention qui anime les soignants) marque la différence éthique entre ces deux formes d’accompagnement médical jusque dans la mort.